Faits
Une assurée au chômage a déposé tardivement (d'un ou deux jours) ses preuves de recherches d'emploi pour la période de contrôle de février 2025. Le service cantonal de l'emploi du canton de Schaffhouse l'a sanctionnée d'une suspension de 7 jours (suppression de 7 indemnités journalières). Le tribunal cantonal du canton de Schaffhouse a réduit cette suspension à 5 jours, estimant la durée de la suspension prononcée disproportionnée. Saisi d'un recours, le Tribunal fédéral annule la décision du tribunal cantonal et rétablit la sanction de 7 jours.
Il est encore à noter que l'assurée a exercé un gain intermédiaire durant la période en cause.
Commentaire
Le raisonnement du TF sur le pouvoir d'appréciation est clair : le Tribunal fédéral rappelle de manière convaincante qu'en statuant en opportunité, l'autorité judiciaire ne saurait substituer sa propre appréciation à celle de l'administration, sauf si cette dernière a commis un abus ou un excès de son pouvoir d'appréciation (illégalité). En l'espèce, les 7 jours de suspension entraient strictement dans les barèmes indicatifs du SECO (5 à 9 jours pour un premier retard) et étaient conformes à la loi (faute légère : 1 à 15 jours).
La réduction opérée par le tribunal cantonal constitue donc une ingérence injustifiée dans le pouvoir d'appréciation de l'organe d'exécution. Le tribunal cantonal a violé le droit fédéral en annulant une décision administrative qui était juridiquement correcte.
En outre, le TF relève à juste titre que le tribunal cantonal a appliqué le mauvais critère temporel : l'art. 45 al. 5 OACI vise les suspensions des deux dernières années, et non celles du délai-cadre ou de la période de contrôle en cours.
Points discutables
1. Proportionnalité formelle vs proportionnalité concrète
Le retard est d'un ou deux jours, pour une première violation de ce type, commise par une personne qui travaillait en gain intermédiaire. Le TF balaie ces éléments sans véritable pesée des intérêts, en se contentant de constater que la sanction de 7 jours se situe dans la fourchette légale et dans la grille du SECO. Or, être dans la fourchette n'est pas synonyme de proportionnalité concrète. C'est une approche plus formaliste que juridique.
2. Le gain intermédiaire écarté de manière expéditive
L'argument du gain intermédiaire est rejeté au motif que la personne n'était pas en activité entre le 5 et le 7 mars 2025 — période du retard. Ce raisonnement est mécaniste : il ignore le fait que le gain intermédiaire témoigne d'une démarche active d'insertion professionnelle, qui est précisément l'objectif que la sanction est censée encourager. Écarter cet élément de contexte général revient à sanctionner avec la même rigueur quelqu'un qui ne cherche pas de travail et quelqu'un qui en exerce un.
3. La valeur probante du cachet de réception est écartée
Le TF juge qu'il peut laisser ouverte la question de savoir si les documents ont été remis le 6 ou le 7 mars, car la sanction se justifie dans les deux cas. Certes, mais cette économie de raisonnement est problématique : la durée exacte du retard (un jour ou deux) n'est pas anodine dans une appréciation du degré de faute, même si elle n'est pas déterminante pour le résultat final. La rigueur aurait commandé de trancher ce point factuel.
4. L'effet cumulatif sévère des antécédents
L'assurée a été sanctionnée trois fois en deux ans, notamment pour des recherches insuffisantes en janvier et février 2025 — soit des périodes très rapprochées de la présente violation. Le TF en tire argument pour maintenir la sanction de 7 jours, mais on peut inverser la perspective : une accumulation de sanctions rapprochées peut aussi indiquer une situation de précarité ou de vulnérabilité qui méritait un examen plus attentif, plutôt qu'une simple addition des fautes.
Observation générale
L'arrêt est techniquement solide, mais révèle une tendance à privilégier la cohérence formelle du système de sanctions — grille du SECO, fourchettes légales, respect du pouvoir discrétionnaire de l'administration — au détriment d'une appréciation individualisée et concrète de la situation de l'assurée, pourtant exigée par le principe de proportionnalité. Dans un domaine aussi sensible sur le plan personnel et politique, qui touche directement aux moyens de subsistance des assurés, cette rigueur purement formelle mérite d'être questionnée.
Facts
An unemployed insured person submitted her job search evidence for the February 2025 monitoring period one or two days late. The cantonal employment office of the canton of Schaffhausen imposed a 7-day suspension (withdrawal of 7 daily benefits). The cantonal court of Schaffhausen reduced the suspension to 5 days, finding the sanction disproportionate. On appeal, the Federal Tribunal quashed the cantonal court's decision and reinstated the 7-day suspension.
It should also be noted that the insured person was engaged in supplementary earnings during the period in question.
Commentary
The Federal Tribunal's reasoning on the discretionary power is clear: the Federal Tribunal convincingly recalls that when ruling on the merits, a judicial authority cannot substitute its own assessment for that of the administration unless the latter has abused or exceeded its discretionary power (unlawfulness). In this case, the 7-day suspension fell strictly within the SECO's indicative scales (5 to 9 days for a first offence) and was consistent with the law (minor fault: 1 to 15 days).
The reduction made by the cantonal court thus constitutes an unjustified interference with the discretionary power of the executing authority. The cantonal court violated federal law by annulling an administratively correct decision.
Furthermore, the Federal Tribunal rightly observed that the cantonal court applied the wrong temporal criterion: Art. 45(5) OALEA covers suspensions over the last two years, not those within the current benefit period or monitoring period.
Debatable points
1. Formal proportionality vs concrete proportionality
The delay was one or two days, for a first violation of this type, committed by a person who was working in supplementary employment. The Federal Tribunal dismisses these elements without any genuine weighing of interests, merely noting that the 7-day sanction falls within the legal range and the SECO scale. Yet falling within the range is not synonymous with concrete proportionality. This is a more formalist than legal approach.
2. Supplementary earnings dismissed summarily
The argument based on supplementary earnings is rejected on the ground that the person was not working between 5 and 7 March 2025 — the period of the delay. This reasoning is mechanical: it ignores the fact that supplementary earnings demonstrate an active approach to professional reintegration, which is precisely the objective the sanction is supposed to encourage. Disregarding this general contextual element amounts to sanctioning with equal rigour someone who is not looking for work and someone who is actually working.
3. The evidential value of the reception stamp dismissed
The Federal Tribunal found it could leave open the question of whether the documents were submitted on 6 or 7 March, since the sanction was justified in either case. This economy of reasoning is problematic: the exact length of the delay (one or two days) is not trivial in assessing the degree of fault, even if it is not decisive for the final outcome. Rigour would have required this factual point to be determined.
4. Severe cumulative effect of prior offences
The insured person had been sanctioned three times in two years, notably for insufficient job searches in January and February 2025 — periods very close to the present breach. The Federal Tribunal uses this to support maintaining the 7-day sanction, but the perspective can be reversed: an accumulation of closely spaced sanctions may also indicate a situation of precariousness or vulnerability that warranted closer examination, rather than a simple addition of faults.
General observation
The ruling is technically sound but reveals a tendency to favour the formal consistency of the sanctions system — SECO scale, legal ranges, respect for administrative discretionary power — at the expense of an individualised and concrete assessment of the insured person's situation, which is precisely what the principle of proportionality requires. In a field as sensitive personally and politically, directly affecting insured persons' means of subsistence, this purely formal rigour deserves to be questioned.
Sachverhalt
Eine arbeitslose Versicherte reichte ihre Arbeitsbemühungsnachweise für die Kontrollperiode Februar 2025 ein bis zwei Tage zu spät ein. Das kantonale Arbeitsamt des Kantons Schaffhausen sanktionierte sie mit einer Einstellung von 7 Tagen (Entzug von 7 Taggeldern). Das Kantonsgericht Schaffhausen reduzierte die Einstellung auf 5 Tage mit der Begründung, die verhängte Dauer sei unverhältnismässig. Das Bundesgericht hebt auf Beschwerde hin den Entscheid des Kantonsgerichts auf und stellt die Sanktion von 7 Tagen wieder her.
Es ist auch zu vermerken, dass die Versicherte während der fraglichen Periode einen Zwischenverdienst erzielte.
Kommentar
Die Argumentation des BGer zum Ermessen ist klar: Das Bundesgericht erinnert überzeugend daran, dass eine Gerichtsbehörde bei der Ermessensüberprüfung ihr eigenes Ermessen nicht an die Stelle jenes der Verwaltung setzen kann, es sei denn, Letztere habe ihr Ermessen missbraucht oder überschritten (Rechtswidrigkeit). Im vorliegenden Fall lag die Einstellung von 7 Tagen streng innerhalb der SECO-Richtskala (5 bis 9 Tage für eine erste Verspätung) und entsprach dem Gesetz (leichtes Verschulden: 1 bis 15 Tage).
Die vom Kantonsgericht vorgenommene Reduktion stellt daher einen ungerechtfertigten Eingriff in das Ermessen des Vollzugsorgans dar. Das Kantonsgericht hat Bundesrecht verletzt, indem es eine rechtlich korrekte Verwaltungsverfügung aufhob.
Zudem weist das BGer zu Recht darauf hin, dass das Kantonsgericht das falsche zeitliche Kriterium angewendet hat: Art. 45 Abs. 5 AVIV bezieht sich auf Einstellungen der letzten zwei Jahre, nicht auf jene der laufenden Rahmenfrist oder Kontrollperiode.
Diskussionswürdige Punkte
1. Formelle Verhältnismässigkeit vs konkrete Verhältnismässigkeit
Die Verspätung betrug ein bis zwei Tage, bei einer ersten Verletzung dieser Art, begangen von einer Person, die einen Zwischenverdienst ausübte. Das BGer wischt diese Elemente ohne echte Interessenabwägung beiseite und begnügt sich damit festzustellen, dass die Sanktion von 7 Tagen innerhalb des gesetzlichen Rahmens und der SECO-Skala liegt. Im Rahmen zu liegen ist jedoch nicht gleichbedeutend mit konkreter Verhältnismässigkeit. Dies ist ein eher formalistischer als rechtlicher Ansatz.
2. Zwischenverdienst wird expeditiv verworfen
Das Argument des Zwischenverdienstes wird mit der Begründung verworfen, die Person sei zwischen dem 5. und 7. März 2025 — dem Zeitraum der Verspätung — nicht tätig gewesen. Diese Argumentation ist mechanistisch: Sie ignoriert die Tatsache, dass der Zwischenverdienst von einem aktiven Ansatz zur beruflichen Wiedereingliederung zeugt, was genau das Ziel ist, das die Sanktion fördern soll. Dieses allgemeine Kontextelement auszublenden kommt dem gleich, jemanden, der keine Arbeit sucht, mit derselben Strenge zu sanktionieren wie jemanden, der tatsächlich arbeitet.
3. Beweiswert des Empfangsstempels wird verworfen
Das BGer erachtet es als zulässig, die Frage offenzulassen, ob die Dokumente am 6. oder 7. März eingereicht wurden, da die Sanktion in beiden Fällen gerechtfertigt ist. Diese Begründungsökonomie ist jedoch problematisch: Die genaue Dauer der Verspätung (ein oder zwei Tage) ist bei der Beurteilung des Verschuldensgrades nicht unerheblich, auch wenn sie für das Endergebnis nicht ausschlaggebend ist. Die Sorgfalt hätte geboten, diesen Sachverhaltspunkt zu klären.
4. Schwerer kumulativer Effekt der Vorstrafen
Die Versicherte wurde in zwei Jahren dreimal sanktioniert, insbesondere für ungenügende Stellenbewerbungen im Januar und Februar 2025 — Perioden, die der vorliegenden Pflichtverletzung sehr nahe liegen. Das BGer nutzt dies als Argument für die Aufrechterhaltung der Sanktion von 7 Tagen, doch man kann die Perspektive umkehren: Eine Häufung eng beieinanderliegender Sanktionen kann auch auf eine Prekaritäts- oder Vulnerabilitätssituation hinweisen, die einer näheren Prüfung bedurft hätte, anstatt einer blossen Addition von Fehlern.
Allgemeine Beobachtung
Das Urteil ist technisch solide, offenbart jedoch eine Tendenz, der formellen Kohärenz des Sanktionssystems — SECO-Skala, gesetzliche Bandbreiten, Wahrung des Verwaltungsermessens — den Vorrang vor einer individualisierten und konkreten Beurteilung der Situation der Versicherten zu geben, die das Verhältnismässigkeitsprinzip gerade verlangt. In einem Bereich, der persönlich und politisch so sensibel ist und die Existenzgrundlage der Versicherten unmittelbar berührt, verdient diese rein formelle Strenge eine kritische Befragung.